La viande vous rend-elle aveugle ?

(actualisé le ) par Valentin RAGOT

Êtes-vous déjà allé voir, mesdames et messieurs les députés, dans nos bâtiments sanglants où l’on nous cache le carnage de nos funestes festins, dans nos usines massacreuses d’où s’exhale une odeur de putréfaction morbide, dans ces lieux que l’on nomme sans s’y soucier « abattoirs » ? Avez-vous seulement vu un reportage sur ce sujet ? Peut être OUI, sûrement NON, de toute façon l’aveuglement national et mondial est tel que vous n’avez sûrement rien vu, je tente ici d’ouvrir les yeux de quelques-uns, pour que je l’espère, le sort des animaux change, et par ce fait celui des hommes.

Il y a déjà quelques années de cela que je sais pertinemment ce qui se passe, et le seul fait de voir les méthodes d’élevage me révulsent les tripes et provoquent en moi une indignation ineffable.
Vous n’avez pas à vous faire enquêteurs, chers confrères, le film « Si les abattoirs avaient des vitres » en témoigne. On peut y voir notamment comment les animaux sont élevés. Voir, impuissant, des animaux doués de raison grandir, dormir, vivre ou plutôt survivre dans de la fange, dans leurs excréments, enfermés, cloîtrés, entassés dans une pièce où la lumière du soleil ne passe pas, je trouve cela particulièrement horrible et inhumain. Ces méthodes ont de quoi nous remémorer les camps de concentrations nazis et le film « nuit et brouillard » d’Alain Resnais.
Les méthodes d’élevages intensifs, ce sont des méthodes concentrationnaires, des usines à viande, oui, je le dis haut et fort, des usines ! Des usines à protéine, à graisse avec leurs lots de polluants !!!! Il ne s’agit plus de ferme mais d’exploitation, il ne s’agit plus de traire, on ne va plus à la traite... non regardez, s’il y a une traite c’est bien celle que l’on doit comparer à l’esclavage.
Ces méthodes sont tellement malsaines, et ces lieux sont tellement insalubres que pour maintenir leur qualité « d’être vivants » aux animaux, il nous faut utiliser tout le temps, sur chaque animal, pour chaque blessure, une quantité astronomique de vaccins, d’antibiotiques et j’en passe. Idem pour optimiser leur croissance, il nous faut des hormones... Effectivement, cloîtrés comme ils le sont dans un espace si étriqué, si restreint ils ne peuvent grandir convenablement. Alors après ça, étonnez-vous de la maladie de la vache folle, étonnez-vous qu’à coup de Prions, Alzheimer et autres maladies dégénératives s’installent dans nos caboches de plus en plus jeunes !

Les méthodes d’abattage sont pires encore. Je vais simplement vous décrire, en essayant d’être le plus réaliste possible, de quelle façon meurent plus de 140 milliards d’animaux chaque année.
Au début, on les parque dans une même pièce. Peu importe l’état dans lequel ils sont. Dans certaines vidéos, on peut voir des animaux ne pouvant plus se déplacer, n’ayant plus aucune force, étant malades, moribonds. Dans ces cas-là on les pousse au bulldozer, comme de vulgaires bouts de chair insensibles. Ensuite, ils sont dirigés à la queue-leu-leu vers un endroit où ils sont immobilisés, un par un. Là, on les assomme à coup de pistolet d’abattage, puis on les suspend, la tête en bas, et on leur sectionne les artères carotides. Et ils meurent enfin, traversés de spasmes, le sang giclant tout autour d’eux, et poussant d’effroyables hurlements quand le pistolet d’abattage ne les a pas bien assommés. Je tiens à vous rappelez, messieurs-dames, que les animaux qui sont derrière voient leurs confrères se faire exécuter. Et ils comprennent, ils imaginent et ils ont peur, car ils savent ce qui les attend. On ne s’étonne plus désormais de quoi les nazis furent capables de faire dans les camps, de quoi des hommes sont capables de faire. Comme Tolstoï, je pense que « Tant qu’il y aura des abattoirs, il y aura des champs de bataille ».
Si la souffrance animale ne vous émeut guère, commencez à craindre pour votre santé et pour celle de vos proches, les exploitants agricoles en font déjà les frais, car tous les produits utilisés pour la production animal, vous les retrouvez dans vos assiettes !

L’exploitation animale, la production de viande est un problème écologique et de santé publique. Gaïa n’est pas un mythe, la planète Terre est bel et bien un seul et même écosystème. Nous partageons tous la même EAU ! Polluez l’eau d’une rivière, d’une mare, d’une flaque d’eau c’est polluer les 70 % de l’eau contenue dans chacune de vos cellules ! Pourrez-vous pensez l’impensable ? Plus de la moitié de l’eau potable des États-Unis est utilisée pour le bétail. Cette eau ressort polluée ! De détergents, d’hormones, d’antibiotiques , de bactéries !!!! mais l’eau des cellules du bétail, cette eau-là aussi est polluée, et vous l’ingérez à Noël !(il y a notamment dans la viande du nitrate de sodium, qui est cancérigène). Alors, qui est le dindon de la farce !?
Dans le monde entier, il y a environ 1,8 millions enfants qui meurent chaque année parce qu’ils n’ont pas d’eau potable et 850 millions d’hommes qui souffrent de malnutrition.
Quand on sait que le bétail des pays riches mange autant de céréales que les Indiens et les Chinois réunis, et qu’il consomme la moitié de l’eau potable des États-Unis, alors tout le monde devrait être d’accord pour dire que l’exploitation animal est absurde à cette échelle.
Si vous vous préoccupez vraiment de la misère, de la faim dans le monde alors vous devriez tous vous faire végétariens, donner l’exemple passer à l’action dire combien il est absurde de cultiver des steaks ! Dire haut et fort que les traditions ne sont que des carcans quand ils sont la source et l’océan des souffrances animales et humaines. Faites-vous végétariens !

Le droit civil continue à classer les animaux du côté des biens, des meubles. Malgré quelques progrès récents qui consistent à leur reconnaître de leur qualité d’êtres sensibles il faudrait prendre exemple et dépasser ce qui est déjà fait dans les pays d’Europe du nord. Mais la tradition de la chasse, qui occupe une place effarante dans la politique française, ajoute à l’aveuglement national.
Comme Théodore Monod, je ne prétends pas assimiler humain et animal comme ayant une seule et même identité MAIS prétends leur accorder émotions et sensibilités …

« Pourquoi reconnaître des droits à l’animal implique t’il nécessairement qu’on l’identifie à l’homme ?
En dépits de nos différences, ne peut-on pas tout simplement lui accorder le droit de vivre, d’exister ?
 
Théodore Monod (1997)
Naturaliste et écrivain français »

Leur accorder le droit de Vivre, pas de survivre, accorder à des êtres sensibles des conditions d’existence moins horribles que celles que nous imposons à nos congénères aux diverses périodes de notre histoire.
Que dire des lois concernant la chasse, la pêche, légiférer pour interdire la chasse aux cétacés qui sont nous savons parmi les animaux les plus sensibles et intelligents du règne animal, voilà qui semble fait, mais il faut durcir les lois et se donner les moyens de les faire appliquer.
Les progrès des sciences nous dénonceront, l’histoire nous accusera ! Que dirons-nous à nos petit enfants, chers collègues, quand les manuels scolaires affirmeront que nous avons torturé, assassiné, asservi des être sensibles, intelligents ? Quand lors de nos fêtes de famille, nos fêtes religieuses nous avons dansé, chanté, ri et bâfré sur un charnier !

« Faut qu´ça saigne
Faut avaler d´la barbaque
Pour être bien gras quand on claque
Et nourrir des vers comaques
Faut qu´ça saigne
Bien fort »
Boris Vian, les joyeux bouchers.

Ouvrez les yeux, il est temps de légiférer, d’éduquer et d’appliquer des lois !

Je conclue en vous rappelant qu’il n’y a pas si longtemps, les femmes n’avaient pas d’âme et les noirs étaient de la marchandise, à l’instar des animaux.
J’espère avoir retenu votre attention et que vous avez fait de mon indignation la vôtre. Sinon, bon appétit.

Voir en ligne : Une loi va reconnaître que les animaux sont « doués de sensibilité »