Philosophie péripatéticienne Le corps au cœur de la démarche philosophique

par Nicolas RAGOT & Nadège GIGAN

Philosophie péripatéticienne [1]

Cet article est inspiré par nos ateliers philosophiques de questionnement à la façon des péripatéticiens [2] que nous avons initié avec Philippe (sculpteur et sophrologue) et Vincent (philosophe errant) et par un article de Romain Jalabert « DE PLATON AUX NOUVELLES PRATIQUES PHILOSOPHIQUES : QUELLE PLACE POUR LE CORPS ? ».

Je ne m’attarde ni sur la méthode, ni sur les résultats de nos expériences (ce sera, sans aucun doute, l’objet d’autres articles). Je n’argumente pas non plus, ou à peine, pour justifier du sous titre « Le corps au cœur de la démarche philosophique ». Je veux en revanche vous faire part d’une belle analogie contenu dans l’article de Mr Jalabert. La démarche philosophique péripatéticienne est-elle « la réunion du "penseur" figé et de "l’homme qui marche" » ?

Quelle joie de découvrir que bien que cheminant souvent hors des sentiers battus, nous trouvions des expériences similaires à celle que nous tentons, et que ces expériences ne sont pas celles (comme nous) d’illustres inconnus mais de philosophes et autres chercheurs « patentés ». C’est aussi un nouveau pied de nez à nos détracteurs qui, selon leurs préférences du moment, prétendent que nous prenons des risques d’égarements ou de scléroses.

Le penseur (l’homme qui pense) dans son improbable posture, me semble égaré. Son inconfort à s’asseoir semble laisser transparaître son inconfort à penser…le penseur n’avance pas, il est immobile et il est perdu physiquement et spirituellement…

L’homme qui marche [3] (le marcheur) lui, n’a pas même de tête, il marche mais n’avance pas, sa démarche qui semble puissante, reste impuissante à le faire avancer vers un quelconque but, il ne peut aller nulle part sans sa tête… il chemine sans objet.

Imaginons, projetons mentalement, l’image, le résultat de la possible conjugaison des deux œuvres du maître Rodin.
Pensées, rêveries, argumentations, méditations et philosophies ont évidement avoir avec le corps, avec la marche et son rythme… les créateurs de tout bords ont vanté les vertus de la marche et de la pensée réunies, d’Aristote en passant par Rousseau, Hugo, Rimbaud, Prévert, pour n’en citer que de célèbres.
Nos « péripathéfacéties » continueront donc lors de nos prochains stages pluridisciplinaires…

Notes

[1ÉTYMOLOGIE : Du grec, peripatêtikos ; pateô se promener, promenade dans le Lycée, et, de là, leçon philosophique, du grec, péri- autour, et, aller, marcher : Aristote donnait ses leçons en se promenant dans le Lycée.

[2Nous nous sommes d’ailleurs inspirés d’autres « topos » en faisant références aux épicuriens ou aux stoïciens.

[3Un homme qui marche est encore visible dans l’enceinte du château de Caen.