Sans forme ni chemin
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Mangala Sutta

La prospérité

vendredi 15 juillet 2011

Un deva questionne le Bouddha, qui lui explique douze choses qui constituent la plus haute prospérité.

Maṅgala Sutta

Texte Pāḷi et Français avec glossaire et chapitrage sur http://www.tipitaka.fr


Ainsi ai-je entendu : [1]

En une occasion, le Bhagavā [2] demeurait à Sāvatthī, dans le bois de Jeta, le parc d’Anāthapiṇḍika. En cette occasion, alors que la nuit était bien avancée, un certain deva [3] illumina presque tout le bois de Jeta de son éclat superbe, et vint voir le Bhagavā. S’étant approché et lui ayant rendu hommage, il se tint debout d’un côté. Alors qu’il était debout là, il s’adressa au Bhagavā en vers :

[deva :]

Beaucoup de devas [3] et d’êtres humains,
Désirant le bien-être, ont réfléchi
A ce qui apporte la prospérité.
Veuillez expliquer ce qu’est la plus haute prospérité.

[le Bouddha :]

Ne pas s’associer avec les sots,
S’associer avec les hommes sages,
Et rendre hommage à ceux qui en sont dignes,
C’est la plus haute prospérité.

Vivre dans un endroit convenable,
Avoir effectué des actions méritoires dans le passé,
Avoir soi-même des aspirations correctes,
C’est la plus haute prospérité.

Etre doué d’une vaste connaissance,
De talents, être bien entraîné à la discipline,
Et (faire preuve d’)une parole agréable,
C’est la plus haute prospérité.

Supporter sa mère et son père,
Etre bienveillant envers femme et enfants,
Et ne pas avoir des occupations compliquées,
C’est la plus haute prospérité.

Etre généreux, vivre en accord avec le Dhamma [4],
Etre bienveillant envers les membres de la famille,
Ainsi qu’effectuer des actions irréprochables,
C’est la plus haute prospérité.

Abstention et abstinence de ce qui est mauvais,
S’abstenir des boissons fortes,
Et être vigilant en ce qui concerne le Dhamma,
C’est la plus haute prospérité.

Etre respectueux, être humble,
Se satisfaire (de peu), être reconnaissant,
Et entendre le Dhamma au bon moment,
C’est la plus haute prospérité.

Etre doué de tolérance, et doué d’obéissance,
Aller voir les samanas*,
Et discuter du Dhamma au bon moment,
C’est la plus haute prospérité.

Pratiquer la moralité, la brahmacariya*,
Voir les nobles vérités,
Et réaliser Nibbāna [5],
C’est la plus haute prospérité.

Avoir un esprit qui ne s’agite pas lorsqu’en contact
Avec les choses du monde, délivré de l’affliction,
Délivré des souillures et rempli de paix,
C’est la plus haute prospérité.

Ceux qui ont agi ainsi
Sont en toutes choses victorieux
Partout ils marchent en sûreté,
C’est leur plus haute prospérité.

Voir en ligne : Quelques conseils pour la lecture des suttas


Notes

[1evaṃ me sutaṃ : ainsi ai-je entendu [evaṃ : ainsi | me : je | sutaṃ : ai entendu]. Lors du premier concile, durant les mois suivant la mort du Bouddha, Ānanda récita tous les discours du Bouddha, grâce à sa prodigieuse mémoire. Il était devenu l’intendant du Bouddha et avait mémorisé mot pour mot tous les discours qu’il avait donnés pendant les 25 dernières années de sa vie. Tels furent les mots qu’il utilisa au début de chaque récitation.

[2fortuné. Désigne une personne ayant atteint l’éveil, particulièrement le Bouddha.

[3deva, devatā : êtres ayant une existence heureuse dans un monde céleste, et qui sont invisibles à l’oeil humain non entraîné. Mais tout comme les humains et les êtres malheureux, ils sont toujours sujets à l’impermanence, la vieillesse et la mort. Il leur est également toujours possible de chuter et se réincarner dans des plans d’existence moins fortunés.(...)

[4-# Dans le sens le plus général, désigne tous les phénomènes de l’univers, y compris Nibbāna. Peut être simplement traduit par ’chose’.

  1. Nature d’une chose.
  2. Loi de la nature, justice.
  3. Loi libératrice enseignée par le Bouddha.
  4. Enseignement, aussi bien celui du Bouddha que celui d’autres instructeurs.
  5. Phénomène mental, état mental, contenu de l’esprit.

[5stade ultime du développement, indescriptible, situé au-delà de l’esprit et de la matière, transcendant tous choses concevables, et caractérisé par l’anéantissement total de l’appétence (soif, avidité), l’aversion et l’ignorance.

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