Extrait du Bhaddiya-sutta

Ainsi ai-je entendu : Une fois, le Bienheureux séjournait parmi les Vajjis, dans le bâtiment à toit pointu, au grand bois près de la ville de Vesâli.
En ce temps-là, un jour, un prince Licchavi nommé Bhaddiya rendit visite au Bienheureux. S’étant approché du Bienheureux, il lui rendit hommage, puis s’assit à l’écart sur un côté. S’étant assis à l’écart sur un côté. il dit : « Bienheureux, J’ai entendu dire ceci : "Le Samana Gôtama est quelqu’un qui trompe les gens. Il possède un charme séduisant par lequel il attire les adeptes des autres." Dites-moi, Bienheureux, les gens qui parlent de vous de cette façon, ne donnent-ils pas une impression incorrecte du Bienheureux en présentant un fait inexact ? Parlent-ils d’après sa doctrine ? Quelqu’un qui travaille selon la doctrine du Bienheureux, qui suit son enseignement, arrive-t-il à une situation blâmable ? Quant à moi, je ne veux pas interpréter le Bienheureux d’une façon injuste. »

Le Bienheureux s’adressa à Licchavi Bhaddiya et dit : "Ô Bhaddiya, ne vous laissez pas guider par des rapports, ni par une tradition religieuse, ni par ce que vous avez entendu dire. Ne vous laissez pas guider par l’autorité des textes religieux, ni par la simple logique ou les allégations, ni par les apparences, ni par la spéculation sur des opinions, ni par des vraisemblances probables, ni par la pensée que "ce religieux est notre maître bien-aimé »,’. Cependant Bhaddiya, lorsque vous savez par vous-même que certaines choses sont défavorables, que de telles choses blâmables sont condamnées par les sages et que, lorsqu’on les met en pratique, ces choses conduisent au mal et au malheur alors, à ce moment-là, abandonnez-les.

Maintenant, je vous demande : « Qu’en pensez-vous, ô Bhaddiya ? Lorsque l’avidité apparaît chez quelqu’un, cette avidité apparaît-elle pour le bien de cet individu ou pour son mal ? »
Licchavi Bhaddiya répondit : « Bienheureux, l’avidité apparaît pour le mal de cet individu. »

- O Bhaddiya, en se donnant à l’avidité, étant vaincu par l’Avidité, étant enveloppé mentalement par l’avidité, un tel individu tue des êtres vivants, commet des vols, s’engage dans l’adultère et profère des paroles mensongères.
Il pousse même un autre à accomplir aussi de tels actes. De tels actes entraînent-ils son mal et son malheur pendant longtemps ?

- Certainement oui, Bienheureux.

- Qu’en pensez-vous, ô Bhaddiya ? Lorsque la haine apparaît chez quelqu’un, cette haine apparaît-elle pour le bien de cet individu ou pour son mal ?
Bienheureux, la haine apparaît pour le mal de cet individu.
Ô Bhaddiya, en se donnant à la haine, étant vaincu par la haine, étant enveloppé mentalement par la haine, un tel individu tue des êtres vivants, commet des vols, s’engage dans l’adultère et profère des paroles mensongères. Il pousse même un autre à accomplir aussi de tels actes. De tels actes entraînent-ils son mal et son malheur pendant longtemps ?

- Certainement oui, Bienheureux.

- Qu’en pensez-vous, ô Bhaddiya ? Lorsque l’égarement apparaît chez quelqu’un, cet égarement apparaît-il pour le bien de cet individu ou pour son mal ?

- Bienheureux, l’égarement apparaît pour le mal de cet individu.

- Ô Bhaddiya, en se donnant à l’égarement, étant vaincu par l’égarement, étant enveloppé mentalement par l’égarement, un tel individu tue des êtres vivants, commet des vols, s’engage dans l’adultère et profère des paroles mensongères. Il pousse même un autre à accomplir aussi de tels actes. De tels actes entraînent-ils son mal et son malheur pendant longtemps ?

- Certainement oui, Bienheureux.

- Qu’en pensez-vous, ô Bhaddiya ? Lorsque l’impétuosité apparaît chez quelqu’un, cette impétuosité apparaît elle pour le bien de cet individu ou pour son mal ?

- Bienheureux, l’impétuosité apparaît pour le mal de cet individu.

- Ô Bhaddiya, en se donnant à l’impétuosité, étant vaincu par l’impétuosité étant enveloppé mentalement par l’impétuosité, un tel individu tue des êtres vivants, commet des vols, s’engage dans l’adultère et profère des paroles mensongères. Il pousse même un autre à accomplir aussi de tels actes. De tels actes entraînent-ils son mal et son malheur pendant longtemps ?

- Certainement oui, Bienheureux.

- Maintenant, qu’en pensez-vous, ô Bhaddiya ? Ces tendances mentales sont-elles bonnes ou mauvaises ?- Bienheureux, ces tendances mentales sont mauvaises.
Ces tendances mentales sont-elles blâmables ou louables ?- Bienheureux, ces tendances mentales sont blâmables.

- Est-ce que ces tendances mentales sont condamnées ou pratiquées par les sages ?

- Bienheureux, ces tendances mentales sont condamnées par les sages.

- Qu’en pensez-vous, ô Bhaddiya ? Lorsqu’on les met en pratique, ces tendances mentales conduisent-elles au mal et au malheur ?

- Lorsqu’on les met en pratique, ces tendances mentales conduisent au mal et au malheur. C’est ce qui est généralement accepté. C’est ce que moi aussi, je pense. - C’est pourquoi, ô Bhaddiya, nous avons déjà dit :« Ne vous laissez pas guider par des rapports, ni par une tradition religieuse, ni par ce que vous avez entendu dire. Ne vous laissez pas guider par l’autorité des textes religieux, ni par la simple logique ou les allégations, ni par les apparences, ni par la spéculation sur des opinions, ni par des vraisemblances probables, ni par la pensée que "ce religieux est notre maître bien-aimé » Cependant, lorsque vous savez par vous-même que certaines choses sont défavorables, que telles choses blâmables sont condamnées par les sages, et que, lorsqu’on les met en pratique, ces choses conduisent au mal et au malheur, alors, à ce moment-là, abandonnez-les. »

Voir en ligne : Quelques conseils pour la lecture des suttas