Stoïcisme et perspectives

(actualisé le ) par Stéphane LEVEQUE

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Affiche conférence recto

Compte-rendu personnel de la conférence « Stoïcisme et perspectives » donnée par M. Thierry Machefert les 5-6 juin 2009.


Sommaire

Introduction

  • Historique

Le stoïcisme est un courant philosophique grec concurrent de l’épicurisme fondé par Zénon de Cittium. Il en est presque contemporain (Zénon est né en 336 av. JC, et Epicure en 341 av.JC).
Le nom vient du Grec stoa poikilé : l’espace de réunion des premiers stoïciens.
Stoa : portique.
Poikilé : peinturluré

Ses influences s’étendent jusqu’à maintenant, comme chez Spinoza ou Descartes (« Plutôt changer mes désirs que l’ordre du monde »).

On distingue trois grands âges :

Chronologie

- L’ancien stoïcisme (2ème, 3ème siècle av. JC) avec Zénon, Cléanthe (son disciple) et Chrysippe (Qui aurait beaucoup écrit, mais dont on a tout perdu, reste des textes de secondes mains).

- Le moyen stoïcisme (2eme siècle) avec Panétius, Posidonius et Cicéron.

- Le nouveau stoïcisme, ou stoïcisme impérial au début de notre ère avec Sénèque (traité de la « Brièveté de la vie »), Epictète (Il n’a rien écrit, mais son enseignement a été recueilli par son disciple Arien) et Marc Aurèle.
Il s’agit d’abord de vivre et éventuellement enseigner, plutôt que d’écrire. C’est une philosophie ouverte à l’ensemble de la population : Epictète était esclave et Marc Aurèle, empereur (Différent d’avec Platon, plus élitiste, et dont les relations avec Diogène – cynique – était parfois tendues).

Le stoïcisme s’inscrit dans une tradition socratique (pensée orale), comme dans le cynisme.

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  • Filiations

    • Le rapport au cynisme

      Les stoïciens se considèrent comme les successeurs des cyniques : Zénon est un disciple du cynique Cratès.

      Principes fondamentaux des Cyniques :

      Communs aux pensées grecques :

      - Recherche d’une ataraxie (absence de troubles)

      - Recherche du bonheur (souverain bien, de la paix : eudémonisme).

      - l’idée de remède.

      Propre aux Cyniques :

      - Philosophie proche de la nature, rejet des institutions (Comme pour Epicure, une vie authentique est une vie proche de la nature).

      - Modèle de l’animalité : modèle de liberté. Vivre de façon libre.

      L’on retrouve ces 2 derniers points, originaux dans l’antiquité Gréco-romaine, dans le stoïcisme : Vivre selon la nature, recherche de la liberté.

      La Nature dans le contexte de la Grèce :

      Termes : Physis (ou phusis) et cosmos.

      Comporte l’idée d’un ordre des choses, que l’ensemble de ce qui existe est structuré dans une unité.
      Le monde est perçu comme un être vivant, un organisme :

      - Interdépendances des éléments.

      - Idée d’un principe vital (souffle).
      C’est un ordre finalisé : chaque chose à une fin, le monde a un sens et chaque être a un sens, une orientation. (Spinoza, s’écartera plus tard de cette idée).
      C’est un monde lié à une providence divine, un ordre qui est orienté vers le meilleur. Suivre l’ordre naturel des choses, c’est suivre l’ordre de la providence.
      Conformité à la nature : suivre le fatum (destin).

      Ce qui pose le problème, dans notre pensée moderne, du conflit entre cette recherche de conformité et la recherche de liberté humaine pour ces philosophies antiques.

      L’ancien stoïcisme met plus l’accent sur la notion de destin, alors que le nouveau stoïcisme, sur celui de liberté.
      Une place centrale est accordée à la raison dans le stoïcisme (rechercher la cohérence, penser, raisonner).

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    • Le rapport à l’épicurisme
      Le stoïcisme et l’épicurisme sont deux philosophies à la fois opposées et proches.

      Proximité :

      - C’est une philosophie du souverain bien, de la vie heureuse (eudémonisme). Recherche de l’ataraxie, du calme de l’âme. Elle s’obtient par un bon usage de la raison, c’est la raison qui oriente.

      - Mode de vie ascétique : se contenter de peu de choses.

      Oppositions :

      Pour l’épicurisme, la finalité de la vie bonne (morale), ce qui conduit au bonheur, c’est le plaisir, de jouir le plus possible (Différent de la débauche) : Prends du plaisir et tu auras une vie vertueuse. Alors que pour le stoïcien, c’est la vertu : Soit vertueux et tu seras heureux.


      Kant dira dans la « Critique de la raison pure » que ce sont des éthiques du même genre : des éthiques de l’hétéronomie, où la moralité n’est pas sa propre fin. Des éthiques de la « prudence ».
      La finalité est extérieure à la moralité (on est moral pour être heureux). Ce ne sont pas des morales de l’intention, du devoir. Alors que pour Kant, la morale, c’est la bonne intention. Être heureux, c’est être moral.

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Principes du stoïcisme

- Le monde est un tout organique, ordonné : il n’y a pas de place pour la contingence, le hasard (chaque chose a sa place en son temps).
Il y a une raison des choses, et il faut s’y accorder : c’est le fatum/destin.
Analogie avec le chien du chiffonnier (proposée par Chrysippe), l’homme est comme le chien : La charrette du chiffonnier est tirée dans une direction (le fatum), et le chien y est attaché par une corde. Celui-ci n’a aucune prise sur sa direction, il ne choisit pas son destin.

- Le principe de liberté .
Pour le stoïcien, il y a quand même un espace de liberté : l’on peut choisir d’accepter ou non son destin, on est libre d’accepter ou non l’ordre des choses. Ce qui ne change rien à cet ordre, puisqu’il n’y a pas de contingence.
Les hommes peuvent donc refuser l’ordre des choses, mais ne peuvent que suivre leur destin. Et le suive donc par contrainte, et donc éprouvent de la souffrance.

La liberté est fondée sur la raison

, il faut que je connaisse le monde et l’ordre des choses grâce à :

- La physique.
Il n’y a que du « plein », pas de « vide » et donc de hasard. Il faut rationaliser le monde en dehors de sa pensée.
Il faut donc constituer une physique, une représentation du monde, de façon à se conformer à l’ordre des choses.

- La logique.
Il faut être cohérent et bien articuler ses idées.
(Ces deux points auraient été beaucoup développés par Chrysippe)

- L’éthique (Manière de penser la morale).

Pour le stoïcien, la pensée a un pouvoir absolue sur la représentation que nous pouvons faire du monde, la volonté est toute puissante. (Ce point sera très critiqué par les adversaires du stoïcisme. Et est très différent de la philosophie développée plus tard par Spinoza).

Qu’est ce qui est conforme à la nature ?
Textes stoïciens

« Cléanthe dit que le plaisir n’est pas conforme à la nature et n’a aucune valeur dans la vie, il est comme parure qui n’a pas d’existence naturelle »

SEXTUS EMPIRICUS, Adv. Math., XI, 73.

« Interrogé pour savoir comment on pourrait devenir riche, Cléanthe répondit : « Si l’on est pauvre en désirs »

STOBÉE, Flo., 95, 28.


etc...

Riche ou pauvre, esclave (Epictète) ou empereur (Marc Aurèle), c’est l’ordre des choses. La vraie richesse, c’est de ne pas désirer beaucoup. C’est vivre d’une manière conséquente. Se conformer à l’ordre des choses par une décision volontaire.

Y a t’il un espace de liberté à cette soumission ?

Un des arguments des adversaires du stoïcisme est celui de « l’argument paresseux » : L’idée d’une providence vide l’éthique. Si tout est décidé d’avance, pourquoi faire quelque chose ?

Pour le stoïcisme, l’espace qui reste, c’est se conformer à l’ordre des choses librement, vivre d’une façon libre.

La question éthique du stoïcisme est comment vivre ma liberté dans la conformité avec la nature, vivre le plus librement possible dans cette conformité à la nature.

Quelques points sur le Manuel d’Epictète
Epictète, Le manuel 2/2
Epictète, Le manuel 1/2

Il existe deux textes :

- Les Entretiens (morceaux de cours et de discussions recueillis par Arien)

- Le Manuel (compilation effectuée aussi par Arien) : « Tout ce que vous avez besoin d’avoir (sous la main, comme un poignard) en tête pour raisonner conformément à cet ordre de la nature »

Place importante de l’exercice dans le Manuel :
Il dépend de moi de me conformer à l’ordre des choses. Liberté de me disposer correctement, mais une fois prise, elle devient déterminante. Exemple : Si je me laisse aller à la gloutonnerie, elle devient déterminante. Et inversement....

Les tendances dépendent donc de moi, mais elles me déterminent.


« Quand aux désirs, pour le moment, renonces-y totalement » : Dans un premier temps, s’abstenir du désir, si ce qui fonde mon action n’est pas encore assuré. C’est une sagesse de la raison, de la prudence. Il faut d’abord cerner les « bons » objets du désir, ce n’est pas un refus à terme, mais un attachement aux choses matérielles (choses/hommes/proches) peut devenir déterminantes.

Dans le deuxième point du manuel, Epictète développe ce qui dépend de nous ou non.

La volonté est toute puissante, sans limite, si l’objet de celle-ci est à notre porté, sinon c’est une erreur (refuser l’ordre des choses est absurde, c’est un désir mal orienté).
Pour Chrysippe, Dieu (Zeus) lui même ne peut pas nous forcer. Il suffit de vouloir pour pouvoir : il faut vouloir bien ce qui dépend de nous.
C’est une liberté radicale sur ce qui dépend de moi, mais soumission sur ce qui ne dépend pas de moi :

RAISON->VOLONTE->PUISSANCE D’AGIR
Représenter correctement l’ordre des choses -> physique.
Je distingue ce qui dépend de moi et ce qui ne dépend pas de moi
Conforme à la Nature, orienté vers ce qui dépends de moi sur ce qui dépend de moi

Pour les stoïciens, le sage à une capacité totale de maîtrise de ses passions.
Exemple rapporté concernant Epictète :
Son maître (un affranchi de Néron) voulait lui briser la jambe pour lui montrer qui était le maître. Epictète réagit en lui signifiant que s’il continuait, il allait lui briser la jambe. La jambe cassa, et Epictète rétorqua : « Je te l’avais bien dit ! ».
La jambe cassée est le résultat de la colère du maître, la conséquence d’un acte indépendant d’Epictète. Le trouble vient d’une mauvaise représentation du monde, générant de la souffrance.
Malgré l’acte de son maître, Epictète reste totalement libre de sa représentation du monde. C’est le maître dans son ignorance qui est à plaindre.

L’exercice, de la pensée, de la raison, dans la vie de tous les jours (pas de séparation entre la théorie et la pratique), est l’effort à bien se représenter les choses, et en faire bon usage. Il est nécessaire avant de pouvoir dire, « ça ne me touche pas, ça ne dépend pas de moi » (Ce n’est pas de l’indifférence, au contraire, c’est une présence totale).

Il consiste aussi à ne pas afficher sa douleur ou sa souffrance.
Pour le stoïcien, si je ne rajoute pas de souffrance (subjective) à la souffrance, il est même possible d’éteindre totalement cette souffrance.

Dans le deuxième point du manuel encore, il ne suffit pas d’avoir la sagesse, mais, l’assurance de la sagesse.

Le paragraphe cinq est une première conclusion de principe : Ce qui trouble les hommes, ce ne sont pas les événements, mais l’idée qu’ils se font des événements, de sa représentation : Un même événement sera perçu différemment par chacun.
Évolution dans la sagesse : on accuse les autres, puis soi, et enfin, ni soi, ni les autres (c’est le philosophe).

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Articulation entre Destin et Liberté

Être à la fois soumis au destin et être libre : Métaphore du théâtre.
Ce n’est pas l’acteur qui a écrit la pièce, ni choisi son rôle. Son espace de liberté, c’est l’interprétation de celui-ci. Sa liberté est de jouer son rôle au mieux, de bien jouer son rôle : Marc Aurèle est empereur, Epictète, un esclave.

L’homme est un empire dans l’empire (vision antique classique), mais ce qui est nouveau, c’est que je suis totalement libre dans cet empire.

Livres :
- « La citadelle intérieure » sur Marc Aurèle de Pierre Hadot.
- « Pensées pour moi-même »
Dans le livre II, IX : « Quelle est la nature du tout, quelle est la mienne (...) » : Je suis une partie du tout, mais nul ne peut m’empêcher de me conformer à la partie du tout dont je fais partie.

Les opposants au stoïcisme estiment qu’il n’y a pas de liberté, comme l’exprime la critique de l’épicurien Carnéade (l’argument paresseux) : S’il y a un destin, nous sommes condamné à l’inaction. Exemple : si je suis malade, inutile d’appeler le médecin, puisque le fait de survivre ou de mourir est déjà décidé.
Ou la réponse de Cicéron sur la réponse qu’à fait Chrysippe à Carnéade, dans « De fato ».

Chrysippe avance l’argument selon lequel il y a des assertions isolées et des assertions liées ensembles (confato) : le fait de guérir (assertion isolée) est lié au fait d’appeler le médecin.
J’ai à agir sans me dire que le résultat est isolé de tout ce que je fais autour, qui est inclus dans un « réseau ».
Chrysippe introduit de la contingence dans ce réseau. Tout ce qui arrive, n’arrive pas par le destin.

Il existe deux types de causes :

- Les causes principales. Elles déterminent radicalement.

- Les causes auxiliaires. Elles restent contingentes (Exemple : l’interprétation de la pièce).

On ne peut pas savoir à l’avance si une cause est principale ou auxiliaire : J’ai la charge de bien jouer mon rôle et d’adhérer à ce qui arrivera. Il faut accompagner au mieux l’ordre de la nature.
Il y a donc un certain espace de liberté sans faire appel au hasard (pensée du « plein »).

Le stoïcisme n’est donc pas une philosophie de l’efficacité, mais plutôt du « style » (notion d’harmonie).

Pour résumer :
Le contrôle de soi, c’est l’effet d’une présence totale et absolue au monde, à ce qui s’y passe, et non pas une indifférence. Nous avons tout pouvoir sur la manière dont nous nous représentons les choses. Le malheur vient d’un mauvais usage dont nous faisons de nos représentations et non les choses en elle-même.

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Prolongements du stoïcisme

  • Descartes « Discours de la Méthode »
    Descartes « Discours de la Méthode »

Il ne s’est pas beaucoup occupé de morale contrairement au stoïcisme. C’est un traité de morale par provision (provisoire) de l’aveu même de Descartes.

Pourquoi a-t-il besoin de se doter d’une morale ?

Le projet cartésien passe par un doute complet. L’objectif de Descartes est de fonder les bases pour la construction des sciences. C’est une philosophie de la connaissance. Il est dans une logique de fondation, il faut des fondations solides pour des sciences solides. Il faut donc rejeter toutes les opinions préalables au sujet desquelles on a le moindre doute (différent du scepticisme). On met donc tout en doute pour reconstruire : il n’y a plus rien de sûr pour un moment.
Il n’y a pas de sciences par provision, mais il faut bien vivre, l’on peut mettre en suspend le savoir, mais pas l’action.
L’image que donne Descartes est que, pendant que l’on bâti une maison, il faut bien se loger quelque part. D’où la nécessite d’une morale par provision, un abri provisoire. Il estime donc que la morale stoïcienne peut être utilisable pour ce faire.

Première maxime : Vivre selon les us et coutumes de son pays et ne se fier qu’aux opinions les plus modérées (prudence). Ce qui diffère quelques peu des stoïciens.

Deuxième maxime : Être le plus ferme et résolu dans ses actions, « Je peux être au moins sûr de moi, si je n’ai pas de certitudes ». Métaphore du voyageur perdu dans la forêt : il faut prendre une direction et s’y tenir.

Quatrième maxime : Choisir la meilleure activité dans la vie, l’activité rationnelle (conforme au stoïcisme).

La troisième maxime respecte les principes du stoïcisme, alors que pourtant, « ne pas chercher à changer l’ordre du monde » du stoïcisme semble rentrer en « conflit » avec le projet cartésien : Se rendre « comme » maître et possesseur de la nature. Mais posséder n’est pas changer. Il y a le « comme si » : Je ne suis pas maître de la nature, mais je la maîtrise « comme si » j’en étais le créateur.

- Il y a l’idée d’une maîtrise comme connaissance, mais aussi d’une forme de maîtrise technique, d’utilisation de la nature : Vision moderne en rupture avec la vision antique de soumission à la nature, c’est un renversement.
Apparaît donc au XVIIe l’idée qu’une pensée bien orientée peut modifier, avoir une incidence, sur l’ordre des choses. C’est une rupture avec la pensée stoïcienne. Elle inaugure les morales, les philosophies modernes : Le sujet peut se détacher de l’ordre des choses. Exemple : la morale de l’autonomie de Kant.

- Place des bonnes représentations comme pour les stoïciens, eudémonisme.

- Le besoin des exercices (« faire de nécessité, vertu »), adhérer à la nécessité.
Y penser ne suffit pas, il faut s’exercer.

- Référence à la liberté en guise de conclusion : pour devenir riche, il faut être pauvre en désir.

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  • Spinoza « Éthique », Livre IV
    Spinoza « Éthique », Livre IV

Fonde une nouvelle éthique sur le principe du géomètre.
Il démontre la servitude de l’homme, il faut une parfaite conscience et connaissance de cette servitude.
Nous sommes un élément d’un tout organique auquel nous sommes soumis (conforme au stoïcisme). Spinoza identifie Dieu à la nature. Si nous en avons conscience, nous supportons d’une âme égale (ataraxie) les événements contraires.

Cela passe par la connaissance claire (qui va plus loin que pour le stoïcisme), différent de la domination cartésienne : accord avec l’ordre de la nature entière, nécessité de connaître la réalité de nos passions, de la nature, etc...

Deux points fondamentaux différents du stoïcisme :

Deux grandes illusions du stoïcisme selon Spinoza.

- L’illusion selon laquelle notre pensé est absolument libre, l’illusion de l’empire dans l’empire.
Illusion qu’il y a des choses qui dépendent exclusivement de nous, cette autonomie du sage selon le stoïcien.

- L’illusion que par la pensée, nous pouvons soumettre nos affections, qu’en nous représentant bien les choses, nous pouvons les soumettre.

La liberté pour Spinoza (qui est fondamentalement une illusion pour lui) est la puissance que nous avons de connaître exclusivement et simplement l’ordre du monde et de notre soumission à cet ordre. Il lève donc la problématique de l’articulation entre la destiné et la liberté des stoïciens.

C’est une philosophe de la rationalité ; La liberté est de connaître : nous ne pouvons connaître le bonheur que dans le vrai.
C’est l’image de la pierre qui roule et que l’on dote de pensées après l’impulsion qui lui a été donnée.
Il faut sortir de l’illusion et comprendre les causes de nos désirs, actes...Pourquoi je désire ce que je désire ?

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  • Sartre « Cahiers pour une morale » pp. 447-449, Gallimard
    Sartre, « Cahiers pour une morale » pp. 447-449, Gallimard

C’est un texte sur la liberté.
Le premier paragraphe est une présentation habituelle de la liberté que Sartre va critiquer (limitation/diminution de la liberté).

La liberté n’est pas pour Sartre un ensemble de possibles préalables :

- Il y a des conditions extérieures qui ne m’appartiennent pas (pensée stoïcienne).
Mais Sartre refuse ces conditions comme déterminantes pour la liberté.

- Ouverture sur de nouveaux choix. La liberté est intérieure.
Nous sommes soumis à ce qui nous entoure, mais à la différence des stoïciens, pour Sartre, il n’y a pas de nature ou de nature humaine, il n’y a pas de sens déterminé à l’avance.
C’est une autre manière de penser la filiation au stoïcisme : Pour le stoïcien, il y a un empire (soi) dans l’empire, pour Sartre, il n’y a que l’empire (soi).

C’est une vision radicalement différente mais qui se nourrit d’une même idée : pas de nature, mais une condition à travers laquelle je donne du sens.
« Totalement déterminé et totalement libre » (voir texte), ce qui est purement stoïcien.

L’espace de choix est tout aussi étendu, mais pas de même nature.

La situation extérieure ne dit rien sur ma liberté. Comme pour le stoïcien, la liberté ne peut se regarder que de l’intérieur.

A partir de cette idée, celle que mes conditions ne déterminent pas ma liberté (infinie), peut-on fonder une éthique ? Un bien-vivre (ou mieux-vivre) ?
C’est un problème que Sartre n’arrive pas à résoudre pour fonder une éthique humaniste.
Car la liberté sans limitation s’oppose à une morale (une limitation).

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A lire :
Pensées
Qu’est-ce que la philosophie ? De l’Académie de Platon à l’Ecole d’Aristote

Voir en ligne : Sénèque, De la briéveté de la vie