Bertrand TRICARD

(actualisé le ) par Bertrand TRICARD, Nicolas RAGOT & Nadège GIGAN

« Le poète a toujours raison
Qui voit plus haut que l’horizon
Et le futur est son royaume »
Jean Ferrat
Bertrand est un poète…
L’armée, cette muette, puis la médecine psychiatrique l’ont fait,
L’ont presque terrassé…
Au dojo, notre rencontre et amitié fut scellée
J’ai vu, j’ai lu, il y a près de vingt ans, le poète derrière la pipe et le chapeau.

Bertrand est torturé
Il hurle sa souffrance malgré les baillons chimiques
Car on ne peut faire taire un poète

Nous nous faisons l’écho de sa voix,
Que les vents de la toile emportent ses poèmes
C’est en partageant les œuvres et auteurs qu’on les rend vivant disait Henry Miller …

Ce site web n’a pas vocation d’utilité
Mais l’est…
Un artiste pour en être un, n’a pas besoin d’être connu ni célébré
Mais les tourmentés de la vie, dont Bertrand est, ne souffriront pas
Qu’on reconnaisse un peu leur sensibilité, leur talent d’artiste.

Nicolas RAGOT

On se mariera dans une église abandonnée
Devant la croix d’un Christ abîmé
Il n’y aura pas de témoins

On s’endormira sur la paille
Eclairée de la lune
Ecoutant le vent qui cisaille
Tes cheveux de brune
Apres on déambulera nu
Dans la campagne en mal de blé

On dégommera les statues
Des saints défigurés
Qui grognent comme des chiens

On s’épousera devant un DIEU mort
Et j’ensenserai ton corps
De myrrhe et d’amour
Fidèle jusqu’à la maladie et la jalousie
Qui stérilisent le sexe
Dans le carcan flou et imprécis
Et dans un ultime réflexe

On s’éteindra bercé par le croisement
D’un homme et d’une femme
Qui ne faisait qu’un


Bertrand Tricard

Si elle me quitte
Je ne veux pas maudire
Dieu après l’avoir béni
Cracher sur son âme
Après l’avoir sanctifié

Si elle me quitte
Je ne veux pas palper le vide
Dans les affres de la solitude
Et m’heurter la tête
Contre les murs de la déchéance
Vomir mon chagrin
Et retourner à l’hôpital

Si elle me quitte
Je regarderai la vie comme une chienne
Dont la mort sure m’aura
Tiraillé la raison

Si elle me quitte
Je ne verrai plus le jour
Ne sèmerai plus les ferments
D’un réel amour
Et chercherai à partir


Bertrand Tricard

Des vagues de sable
Qui inondent tes yeux
Que le soleil éclaircit et endiable

Et tes seins se dressent
Tels deux blocs monolithiques
Que mes mains caressent
Avec ardeur et frénésie

La nuit traîne des lambeaux de ciel
Le jour est à l’embellie
Et j’aspire ton miel

Le parfum de ton corps
Se vaporise sur mes pores
Et dans mon regard ensommeillé
Il me semble que tu incarnes la beauté

Je rêve de ton amour
De goutter à ta nudité chaque jour
Mais je n’entreprends rien pour te séduire

Je traîne mon célibat satanique
Croisant ton visage beau à mourir
Beau à me tuer
De folie et de déraison

Je sais que l’on se rencontrera
Que je te serrerai dans mes bras
Et que l’on s’aimera dans des parcelles d’éternité


Bertrand Tricard

Je boirai à l’eau des rivières
Pour inonder ton corps de lumière

Je fouillerai dans le cosmos
Archéologue des piliers mauves
Qui dressent leur architecture monumentale
Dans les moissons infernales

Ou s’emmêlent les oniriques parfums
Qui exhalent et purifient les chemins
Qui font que je te rencontrerai

Et dans l’enlacement fiévreux
On pansera notre amour merveilleux

Aux antipodes de la passion
Aux points cardinaux de notre peau
De nos corps en mutation
De nos âmes en perdition

Abreuvés dans le repos
De la couche ou nous ne formons qu’un.


Bertrand Tricard

Je t’aime plus que moi-même
Plus fort que les ouragans et les tornades
A exorciser la prière dans l’anathème
Je t’aime a m’en rendre malade

MAUD

Tu es pour moi la plus élogieuse des odes
La stimulatrice de l’amour
Qui éveille ma virilité

Tu me feras Homme
Ou je n’entends rien à la masculinité
Ou je ne comprends rien à l’amour
Et à la femme

Moi le piètre troubadour
De l’asphalte et du macadam
Je te veux toujours
Ou il ne me servirait à rien d’être.


Bertrand Tricard

deuxième version


La putain et le poète

Je t’aime plus que moi-même
Plus fort que les ouragans et les tornades
A exorciser la prière dans l’anathème
Je t’aime a m’en rendre malade
MAUD
Tu es pour moi la plus élogieuse des odes
La stimulatrice de l’amour
Qui éveille ma virilité
Tu me feras Homme
Ou je n’entends rien à la masculinité
Ou je ne comprends rien à l’amour
Moi le piètre troubadour
De l’asphalte et du macadam
Je te veux toujours
Ou il ne me servirait à rien d’être
Or tu es partie comme une putain
Malgré tout ce que j’ai fait pour toi
C’était sans doute dans mon destin
Et dans ma tête
De poète
J’ai encore la force de t’exécuter.


Bertrand Tricard

Testament

Il faut parfois, au-delà de l’indignation, faire preuve d’humilité, oublier que même si tu n’imaginais pas l’existence ainsi, le retour n’existe qu’au cinéma, forniquer qu’avec le passé , ne te mènera nulle part mais , je désire que tous mes livres soient vendus et que l’argent récoltée, soit attribuée aux chiffonniers d’Emmaüs.

11 AOUT 2008





Je maudis le jour où je suis né

Je maudis le jour où j’ai failli crever
Je maudis les psy qui sur moi s’acharnent
Et contre lesquels, je n’ai que de la hargne
Je me maudis de n’être qu’un assisté
Et de n’avoir rien construit
De positif et mon spleen
N’a d’égale que m’a vésanie
Je pète à la gueule du gradé
Dont je me suis moqué
Et crache à la figure
De ma propre déconfiture.

17 09 2008


Bertrand Tricard

J’espère
Qu’au delà de la mort
Il existe un univers
Que même l’esprit humain
Qui se nourrit de guerres
Ne peut concevoir
Une terre vierge de douleurs
Vierge de racisme et de couleurs
Où ne règnent ni la connerie
Ni l’irrespect dans l’indifférence
Où enfin la notion d’immortalité sans partage
Sans fin et sans âges
Domine sans les religions
J’espère qu’au-delà de la vie
Sans inégalités des naissances
Existe une terre
De compréhension et d’amour
Au-delà des paradis imaginés
Et que l’être humain sans bêtise
Accepte la différence
Et comprend sans médisance
Son prochain
Mais souvent l’existence
Bercée de déraison et de maladie
Qui flirte avec la folie et l’intolérance
N’est qu’une putain absconse
Qui avilit les esprits les plus purs


Bertrand Tricard

LES CHRETIENS


Ils quittent l’église
Après avoir accompli
leurs ablutions spirituelles
persuadés de la propreté de leur âme
dont ils encensent l’esprit
qui de la confession à l’hostie
après avoir prié le dieu qu’ils divinisent
s’endorment sereins et calmes

en oubliant que chaque jour on tue
que chaque jour on vole et viole
en oubliant la main tendue pour une infime obole
en oubliant la faim qui tenaille
le froid et la maladie qui déciment
le racisme et la haine qui séparent
ces plaies qui atrophient et infirment

en ne s’interrogeant pas
et en interrogeant pas ce dieu
éternellement présent dans son absence
ou éternellement absent dans sa présence.


Bertrand Tricard



Vierge de terre
Aux corps de terre
Vous ne m’inspirez

Que du dédain
Et si mon destin
Voulu
Que je restasse célibataire
Jamais je n’oublierai Sylvie
Et catherine
Et odile
Et maud
Et Jacqueline
Et Anne cendrine
Et colette
Et les putes
Et Nathalie

Bertrand Tricard
Pour celles et ceux qui seraient d’une façon ou d’une autre touchés par les écrits de Bertrand...

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Bertrand TRICARD
Association VIVRE ENSEMBLE
8 Rue Jean Grémillon
14400 BAYEUX